Bilan culturel 2025
J'ai vu près de 4 000 films dans ma vie. J'aime démesurément le cinéma. Durant les premières années de ma vingtaine, je me souviens avoir regardé entre un et trois films par jour. C'était un comportement anormal, un moyen de s'échapper. Depuis, ça va mieux. J'en regarde moins ; je sais, en général, lesquels me plairont. Ma sélection devient, d'année en année, de plus en plus drastique. Car le cinéma est un terrain miné : au moindre faux pas, vous perdez du temps et des neurones. Voici donc cinq recommandations, vues cette année, si vous ne savez pas quoi regarder ce soir.
Confessions de Tetsuya Nakashima (2010) Si vous me demandiez quel est mon film de vengeance préféré, je vous répondrais Confessions. Tout simplement parce que cette vengeance est unique et ne ressemble à aucune autre : celle d'une femme envers... des enfants. Le tout filmé dans la pénombre, accompagné d'une bande-son exceptionnelle.
Ratcatcher de Lynne Ramsay (1999) Le film dépeint la vie d'enfants vivant dans les quartiers populaires de Glasgow, dans les années 1970. Ratcatcher est d'une beauté insolente. L'histoire est sans espoir, les personnages sans avenir. Difficile à oublier.
Naked de Mike Leigh (1993) L'errance d'un vagabond autodestructeur, poète, fou et parasitaire dans le Londres des années 1990. David Thewlis est exceptionnel.
Sentimental Value de Joachim Trier (2025) Je n'ai pas vu beaucoup de films de 2025, mais celui-ci est mon préféré. C'est un drame familial d'une grande tendresse. Stellan Skarsgård est au sommet de sa carrière, et j'espère revoir Inga Ibsdotter Lilleaas dans d'autres films : c'est elle qui m'a le plus ému.
Winter Light de Ingmar Bergman (1963) Quelques jours après Noël, j'ai eu envie de regarder un film sur la foi. Ces films sont particuliers ; ils deviennent rares. Leur public a disparu. La relation entre l'homme et Dieu n'est plus un sujet de conversation. Winter Light dépeint la douleur d'un homme de foi terrassé par le silence de Dieu. L'ambiance hivernale, les longs silences, le tic-tac d'une horloge... C'est superbe.
Du côté de la lecture, 2025 fut une année très satisfaisante. Ci-dessous, cinq livres qui m'ont marqué.
Atlas Shrugged de Ayn Rand Atlas Shrugged est un pavé de plus de mille pages. Lu entre janvier et mai, sa lecture n'a pas été de tout repos ; mais les idées d'Ayn Rand m'ont fasciné. C'est une fiction, mais aussi un manifeste philosophique. Chez Rand, l'égoïsme rationnel est élevé au rang de vertu, le sacrifice de soi est immoral, la figure de l'entrepreneur est héroïque. C'est une véritable cure de désintoxication face à la morale dominante.
The Long Walk de Stephen King Le premier roman de King que je lis. Ce n'est pas un auteur qui m'intéresse particulièrement, mais je voulais lire ce livre en particulier. C'est court, sans perte de rythme, et les personnages sont attachants. J'ai lu exactement ce que je voulais lire : un récit de survie.
Le Problème à trois corps de Liu Cixin Une trilogie à l'ambition démentielle, à des années-lumière de ce à quoi la science-fiction m'avait habitué. De la hard SF qui démarre au cœur de la Révolution culturelle chinoise et s'étend jusqu'aux confins du temps et de l'espace, narrant le destin de l'humanité. Le grand moment de lecture de mon année.
Terre des hommes d'Antoine de Saint-Exupéry Quand Saint-Exupéry narre ses aventures en tant que pilote de l’Aéropostale, on s'assoit et on écoute. Le ton mélancolique du récit m'a beaucoup plu.
La Possibilité d'une île de Michel Houellebecq Un voyage au bout de la dépression, entremêlé à un récit de science-fiction. Entre un trait d'humour cynique et une description pornographique, il nous parle de la fin du désir, de l'amour, du bonheur et de la mort. Du grand Houellebecq.